Mosaïque de l’orient : hommage au grand Elias Rahbani

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Tu l’avais découvert dans l’Instrum’Orientale Plilist, l’iconique musicien libanais Elias Rahbani vient de nous quitter. L’occasion de redécouvrir son album et véritable trésor musical Mosaic of the Orient.

La famille Rahbani

Avant de se pencher sur l’album, quelques mots sur l’artiste, et sa grande famille d’artistes.

Elias Rahbani est le benjamin d’une talentueuse fratrie de trois.  

Ses deux frères aînés Assi et Mansour ont un destin incroyable : d’abord policiers, ils parviennent à devenir techniciens pour la radio puis, à force de détermination, l’illustre duo de compositeurs des ‘Frères Rahbani”. Ils ont notamment beaucoup travaillé avec Feyrouz, dont Assi était devenu l’époux. Elias a travaillé avec ses frères mais a aussi développé une  belle carrière solo : musicien, chef d’orchestre et producteur, il a composé des jingles de publicité, des comédies musicales, des bandes originales de films et de téléfilms, il a écrit pour tou.te.s les plus grand.e.s interprètes libanais.e.s, … Bref, il a tout fait ! Il a même fait partie de plusieurs jurys de télé-crochets musicaux ces dernières décennies et est considéré comme l’un des pères de la pop-musique libanaise actuelle.

Le Liban de l’époque

Pour avoir un peu de contexte sur le Beyrouth de l’époque, et un peu de Feyrouz et de Sabah dans les oreilles, tu peux faire un tour sur cet épisode d’une heure sur l’âge d’or de la musique beyrouthine par l’émission Métronomique de France Culture.

On y entend notamment parler du guitariste égyptien Omar Khorshid (également présent sur l’Instrum’Orientale Plilist), qui fait ce qui se rapproche de plus de l’esprit de Mosaic of the Orient, avec des sonorités psychédéliques et pop très seventies, qui font par exemple appel au tabla indien comme chez les Beatles à la même époque. 

L’album Mosaic of the Orient

On arrive au plat de résistance de cette newsletter : l’album !

Mosaic of the Orient est un album solaire, où même les morceaux mélancoliques font du bien. Un voyage sonore vintage, doux-amer. Cet album, c’est une bande originale qu’on aimerait avoir pour la vraie vie !

On y entend des rythmes orientaux traditionnels cohabiter avec occidentaux alors avant-gardistes, des gammes et des maqams parfaitement fusionnés, et des instruments orientaux “signature” venus de l’Asie du Sud au Maghreb, comme le qanoun , le ney, le tabla, la derbouka ou encore le bouzouki.

Le morceau le plus en avance sur son temps est sans doute Dance of Maria : la mélodie et le beat du début font penser à du hip-hop années 2000 avant l’heure ! C’est probablement ce qui a inspiré plusieurs interprètes hip-hop, dont les Black Eyed Peas, à sampler le morceau :

Ce phénomène de sample de musiques orientales dans le hip-hop n’est pas anecdotique, comme on t’en parlait déjà dans cet article sur le hip-hop et les musiques arabes.

Enfin impossible de ne pas s’arrêter sur cette pochette d’album incroyable ! Elle a été réalisée par l’artiste-peintre Nabil Mourani, qui a aussi réalisé des pochettes pour le joueur de oûd irakien Munir Bashir pour Babylon Mood et Music from Iraq to Kuwait. Pour découvrir ces dernières, rendez-vous sans plus tarder sur le compte Instagram de Désoriental.

Et au fait, Mosaic of the Orient, ce n’est pas un, mais deux albums. #joie !

Disponibles sur Spotify réunis en un seul album ou sur Youtube, ici pour le premier album, et ici pour le volume 2.

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