5 films d’animation désorientaux

kalil gibran le prophete dessin anime

Partager l’article

Un peu de magie pour finir d’hiberner en beauté jusqu’au déconfinement. Une parenthèse régressive et néanmoins exigeante avec une sélection désorientale de 5 films d’animation pour petits et grands, à voir ou à revoir en famille, selon la formule consacrée !

S’ils ont tous des histoires différentes, ils ont deux points communs : ils sont tous réalisés par des artistes “désorientaux”, et traitent tous, avec talent et complexité, de l’exil et/ou du vivre-ensemble.

Ils sont disponibles en VOD pour quelques euros, tu auras l’impression de louer le DVD du soir, comme « dans le temps ». Sur ce, bon rendez-vous avec ton enfant intérieur !

1. le plus taquin : Le Chat du rabbin

On adore son esthétique organique, son humour poil-à -gratter, avec notamment l’apparition d’un Tintin caricaturé en colonisateur suffisant. Le génie de Joan Sfar en action !

Le chat nous fait réfléchir sur la religion, le vivre-ensemble et la liberté avec ses questionnements faussement candides, son mojo (oui, carrément !) et son humour décapant, dans un décor encore rare au cinéma : l’Algérie des années 1930, pendant la colonisation française.

regarder le Chat du rabbin

2. le plus poétique : Le Prophète

Un film d’animation inspiré l’OVNI littéraire, onirique et spirituel éponyme de Khalil Gibran (à découvrir d’urgence si ce n’est pas déjà fait). Le Prophète a été produit par Salma Hayek, qui raconte dans plusieurs interviews avoir dû se battre pour le faire exister.

On aime l’esthétique douce et évidente, comme celle d’un classique Disney. Et pour cause, Le Prophète a été dirigé par l’un des co-réalisateurs du Roi Lion. Et il réunit 10 grands dessinateurs dont Joan Sfar —encore lui ! On en sort rempli.

regarder Le Prophète

3. le plus ambitieux : Wardi

wardi

Raconter le conflit israélo-palestinien aux enfants, bon gros défi. Défi relevé avec brio par Mats Grorud, un réalisateur norvégien qui a vécu au Liban avec sa mère infirmière dans les camps de réfugiés, et lui-même engagé par la suite sur l’éducation dans ces camps. 

Un film fait de petits riens qui en disent long. On aime aussi le choix de deux techniques d’animations, l’une pour le temps présent qui vit la petite Wardi, en “pâte à modeler”, et l’autre dessinée, pour montrer le 1948 de son arrière-grand-père Sidi. Un film lumineux traversé de vécu et d’amour, qui honore la mémoire de cette première génération de réfugiés palestiniens qui disparaît petit à petit.

regarder Wardi

4. le plus fraternel : Azur et Asmar

Réalisé par l’auteur de Kirikou, dont on retrouve les codes esthétiques, Azur et Asmar est un conte binational, l’histoire de deux frères de lait, Azur, le fils du châtelain, blanc, et Asmar, le fils de la nourrice, maghrébin. 

Mêmes qualités que Kirikou, et mêmes écueils : Azur et Asmar est un conte universel dont les héros ne sont pas blancs, et c’est assez rare pour l’apprécier, mais le film est plein de lenteurs, et l’esthétique est assez froide. On aime quand même la succession de “tableaux” tous plus richement décorés les uns que les autres, au fil des aventures des deux frères. À souligner, la voix de Patrick Timsit, que l’on retrouve aussi dans le Chat du rabbin, toujours engagé pour faire vivre son héritage nord-africain.

regarder Azur et Asmar

5. le plus punk : Persepolis

Primé à Cannes, le film Persepolis tiré de la bande-dessinée autobiographique de Marjane Satrapi n’est plus à présenter. Les choix esthétiques du noir et blanc et des traits simples font que l’on n’est pas distrait par trop d’ornements et qu’on se plonge complètement dans l’histoire et les dialogues pleins de gouaille, au point qu’on a l’impression de regarder un « vrai » film ! Persepolis est un récit insolent et drôle malgré les drames : la répression, la guerre, l’exil.

regarder Persepolis

ça t'a plu ?

Fais-donc tourner !

Inscris-toi à la newsletter pour ta dose hebdo d’inspiration 100% métèque

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *