Chez Nous., la mode franco-tunisienne, minimaliste et responsable

chez nous mode franco tunisienne

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Chez Nous., c’est une nouvelle marque de mode responsable qui célèbre les identités qui ont le cul entre les deux rives de la Mediterrannée ! Sa fondatrice, la créatrice franco-tunisienne Camélia Barbachi signe, après un an de développement, une première collection qu’elle décrit comme « un aller-retour Lille-Djerba« .

La collection est composée de trois pièces-phares :

La Blouza Djerba
Inspirée du vêtement traditionnel masculin de l’île de Djerba en Tunisie, la Blouza Djerba est une jolie surchemise non-genrée confectionnée en Lyocell/EcoVero, une matière éco-responsable au toucher soyeux.

Le Bob La Goulette
Le Bob La Goulette, produit en coton biologique certifié GOTS (la certification la plus stricte de l’industrie), est inspiré de la ville portuaire et cosmopolite de La Goulette à Tunis. Cette pièce se démarque par son inscription terracotta brodée en calligraphie arabe : ”شينو », ”chez nous” en transcription phonétique.

Le cabas Chez Nous. bag
Le Chez Nous. bag se porte à l’épaule. Il est produit en matière upcyclée, un tissu en acrylique issu de bâche, ce qui le rend imperméable en plus d’être responsable ! On retrouve également sur le cabas l’inscription en calligraphie arabe : ”شينو ».

Camélia nous raconte comment est née sa marque et tout le sens qu’elle met derrière ses processus de création et de production.

Désoriental : Que signifie le nom de “Chez Nous.” ? 

C.B. : À l’origine, il s’agit d’une expression employée par les Tunisiens pour nous qualifier, nous, les binationaux.

Quand on se rend en Tunisie, on a tendance à dire « chez nous, là-bas » pour parler de la France. Résultat : on nous appelle les « chez nous, là-bas« , un peu pour nous renvoyer au fait de ne pas être totalement Tunisien.ne.s. De la même façon, en France, il est commun d’entendre « rentre chez toi » lorsque l’on est issu.e de l’immigration. 

J’ai donc voulu créer un espace qui célèbre la pluralité de l’identité et le nom de la marque Chez Nous. veut dire « je me réapproprie mon identité, j’en suis fier.e« . Je trouve que ce terme polysémique illustre bien la notion d’inclusivité qui est un véritable pilier pour Chez Nous.

« [En Tunisie], on nous appelle les « chez nous, là-bas« , un peu pour nous renvoyer au fait de ne pas être totalement Tunisien.ne.s.

De la même façon, en France, il est commun d’entendre « rentre chez toi » lorsque l’on est issu.e de l’immigration. » 

D. : Comment est né le projet ? 

Camélia Barbachi : Le projet Chez Nous. est né de deux constats : le premier, c’est que l’industrie de la mode est néfaste pour l’humain et l’environnement. J’ai rédigé ma thèse de MBA sur ce sujet et j’ai travaillé un an dans l’industrie. Cela a été un vrai déclic pour moi.

Le deuxième, c’est que je ne me sentais pas représentée en tant que femme française d’ascendance nord-africaine dans le paysage de la mode, encore trop homogène à mon goût. J’ai voulu créer une alternative à l’offre existante en proposant une marque inclusive, qui représenterait les minorités habituellement invisibilisées tout en prenant en compte les dimensions sociale et environnementale de la confection des produits. Voilà comment est née Chez Nous.

D. : Quelles sont tes inspirations ?

C.B. : Mon univers est très éclectique. J’adore discuter avec mes grand-parents de leur histoire et m’en inspirer. Je suis aussi passionnée de musique et de danse et j’essaye de retranscrire cela dans mes vêtements à travers des pièces confortables qui ne brident pas le mouvement. J’aime beaucoup lire aussi, le livre Illégitimes de Nesrine Slaoui m’a récemment beaucoup touchée. Enfin, en ce qui concerne la mode, Azzedine Alaïa est évidemment une référence pour moi, je suis très sensible à la subtilité avec laquelle il incorporait des éléments traditionnels tunisiens à la haute couture.

C.B. : Comment fabriques-tu tes pièces ?

Les pièces Chez Nous. voient le jour entre le Nord de la France et la Tunisie. En France, je collabore avec un atelier de tricot zéro-déchet à Roubaix (où je suis née) ainsi qu’un atelier d’insertion professionnelle à Lesquin. 

L’atelier permet à des personnes relevant des dispositifs d’insertion (chômeurs de longue durée, bénéficiaires des minimas sociaux, personnes sans ressources, décrocheurs scolaires, seniors en difficultés de reconversion…) de retrouver une place dans la société à travers la remise à l’emploi dans les conditions réelles du marché. 

En Tunisie, je collabore avec un atelier certifié GOTS situé à Ksar Hellal. La certification garantit des conditions de travail et un salaire justes mais également le respect de l’environnement à travers des pratiques vertueuses. 

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D. : Que racontent tes vêtements ?

C.B. : J’aime l’idée que chacun.e puisse interpréter l’histoire de mes vêtements mais si je devais résumer je dirais que mes vêtements sont un peu un « retour vers le futur ». Je m’inspire de mes racines, des traditions ancestrales et je les réinterprète pour proposer quelque chose de très contemporain, qui répond aux problématiques rencontrées par les nouvelles générations dont je fais partie.


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